Ets. Dugas

L'univers des spiritueux

Deanston

Deanston la discrète
Située dans les Highlands du Sud, non loin de Sterling, cette distillerie relativement récente (1966) cache sa modernité dans les anciens bâtiments d’une filature de coton remontant au 18ème siècle.
Du textile au whisky, c’est tout un pan de l’évolution industrielle de cette région écossaise que retracent les murs de Deanston. Car, dans cette région proche des Lowlands, l’élaboration du scotch whisky n’a jamais eu l’importance économique qu’elle a pu prendre dans le Speyside ou dans les îles.
Construits en 1785, les bâtiments ont été conçus par Sir Richard Arkwright, un spécialiste en matière de filature puisqu’on lui doit notamment l’invention d’une machine à filer fonctionnant à l’énergie hydraulique, la « Spinning Jenny ». Et de l’eau, il y en a à Deanston, notamment celle provenant de la rivière Teith, qui est d’ailleurs légèrement tourbée.
Classés comme monument historique, les bâtiments sont abandonnés par l’industrie textile en 1965… pour être immédiatement repris par deux associés, la société Finlay’s & Co et Brodie Hepburn, propriétaire pour sa part de la distillerie voisine de Tullibardine. Le but essentiel des associés était de fournir les blenders.
Changement de propriétaire
Mais l’intérêt de Finlay’s & Co pour le whisky est faible, et elle préfère de plus en plus s’impliquer dans le thé, possédant de vastes plantations en Afrique et en Inde. Elle finit par revendre la distillerie en 1972 au groupe Invergordon Distillers qui commercialise du Deanston dès 1974. Quand une phase de récession frappe l’industrie du whisky, en 1982 Deanston est fermée comme bien d’autres à l’époque.
Quand le balancier repart dans l’autre sens, Deanston intéresse Burn Stewart, qui a de gros besoins en malts pour ses blends, et qui relance la production dès 1991.
La distillerie possède un équipement moderne, avec une cuve de brassage en acier, huit cuves de fermentation en inox et deux paires d’alambic chauffés à la vapeur d’eau, les spirit stills ayant une capacité de 8 500 litres. De quoi permettre en théorie de produire jusqu’à 3 millions de litres d’alcool par an, ce qui est très honorable. A noter que l’énergie utilisée provient du même système hydro-électrique installé il y a plus d’un siècle par la filature de coton… Ce qui fait de Deanston la seule distillerie écossaise à être totalement autonome pour ses besoins en énergie.
De même, un des chais de vieillissement est installé dans les superbes caves voûtées de l’ancienne filature Adelphi, avec une capacité de 45 000 fûts. De quoi permettre d’héberger des fûts en provenance de Tobermory, en attendant que cette distillerie puisse bénéficier prochainement de nouveaux chais. Mais malgré son site remarquable, la distillerie n’est pas ouverte au public. Discrétion oblige…
C’est également la même discrétion qui caractérise la commercialisation des malts de Deanston, c’est dire si le lancement du Deanston 12 ans non filtré (46,3°) est un véritable événement accompagné en outre d’ un effort particulier en terme de packaging. Par contre pour ce qui est des secrets de l’assemblage, la discrétion reste de mise : impossible de percer le masque impénétrable de Ian Mc Millan, la maître de chais.
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